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Ce matin-là, c'était le 8 octobre 1988, malgré de premières contractions, je suis partie faire les courses.
La veille, Mohamed avait passé la nuit dans les cafés.
Il était rentré tard, il ne s'est pas levé. C'est dans la rue que j'ai commencé à perdre mes eaux. On m'a transportée à l'hôpital. C'est au moment où Mohamed fait son apparition à la maternité que Kaotar décide de faire son entrée dans ce monde.
J'avais demandé à mon père de choisir le prénom de notre fille. « Un prénom original » avait été ma seule exigence. En homme érudit, mon père choisit le prénom de Kaotar, qui signifie « la rivière du paradis. »
J'étais comblée d'avoir une fille. J'allais pouvoir lui offrir ce que ma mère m'avait refusé : l'amour maternel. C'était comme si kaotar me donnait la possibilité de revivre une enfance et une adolescence que l'on m'avait déniées. Je vais me projeter en elle.
A travers elle, c'est un peu comme si j'allais être la maman de moi-même. Évidemment, je veux qu'elle ne manque de rien. Mais je veux bien plus encore.
Je veux que ses amies puissent la jalouser pour la relation privilégiée qui sera la nôtre. Je veux être à la fois sa mère, sa grande s½ur, son amie, sa confidente, sa complice. Ce sera ma manière à moi de lui dire que je l'aime.
Elle est encore une enfant lorsque, toutes deux, nous avons de vraies discussions. Je lui accorde une grande liberté d'expression,, parfois au-delà du convenable.
Je me souviens encore comme si c'étais hier. A l'age de sept ans, Kaotar vint à se plaindre de maux de tête. Je m'inquiète terriblement. Par précaution, le médecin préconise un IRM. Connaissent les antécédents de mes garçons, le médecin sort de la cabine, le sourire aux lèvres : « Mme Dhamna, là, je crois que j'ai une bonne nouvelle pour vous. Votre fille n'a rien... » Mais au moment où je m'apprête à régler les honoraires, Kaotar lâche, de sa voix fluette, un de ces commentaires acerbes dont elle a le secret : « A ce prix-là, vous auriez quand même pu trouver quelque chose... » Le médecin en reste bouche bée.
Dieu merci, la santé de Kaotar sera préservée.
Les premières années, Kaotar se pliera volontiers à mes désirs. Elle acceptera que je l'habille comme j'aurais aimé, petite fille, être habillée. Jusqu'à l'âge de ses treize ans, j'aurai le bonheur de jouer à la poupée. Mais à l'adolescence, elle manifestera un esprit d'indépendance qui ne correspondra pas forcément à ce que j'avais imaginé. Elle passe de la petite robe en dentelle aux baskets jean. J'accepterai de voir mon rêve s'effondrer.
Kaotar, la rivière du paradis [ extrait de " j'aime maman mais je ne sais pas l'écrire " ]
J'étais enceinte de quatre mois lorsque j'ai appris la maladie de Maurade.
Mais une fois encore, je ne vais pas ménager l'enfant que je porte en moi,
Trop empêtrée que je suis dans mes problèmes...senti maux.
Mais une fois encore, je ne vais pas ménager l'enfant que je porte en moi,
Trop empêtrée que je suis dans mes problèmes...senti maux.
Ce matin-là, c'était le 8 octobre 1988, malgré de premières contractions, je suis partie faire les courses.
La veille, Mohamed avait passé la nuit dans les cafés.
Il était rentré tard, il ne s'est pas levé. C'est dans la rue que j'ai commencé à perdre mes eaux. On m'a transportée à l'hôpital. C'est au moment où Mohamed fait son apparition à la maternité que Kaotar décide de faire son entrée dans ce monde.
J'avais demandé à mon père de choisir le prénom de notre fille. « Un prénom original » avait été ma seule exigence. En homme érudit, mon père choisit le prénom de Kaotar, qui signifie « la rivière du paradis. »
J'étais comblée d'avoir une fille. J'allais pouvoir lui offrir ce que ma mère m'avait refusé : l'amour maternel. C'était comme si kaotar me donnait la possibilité de revivre une enfance et une adolescence que l'on m'avait déniées. Je vais me projeter en elle.
A travers elle, c'est un peu comme si j'allais être la maman de moi-même. Évidemment, je veux qu'elle ne manque de rien. Mais je veux bien plus encore.
Je veux que ses amies puissent la jalouser pour la relation privilégiée qui sera la nôtre. Je veux être à la fois sa mère, sa grande s½ur, son amie, sa confidente, sa complice. Ce sera ma manière à moi de lui dire que je l'aime.
Elle est encore une enfant lorsque, toutes deux, nous avons de vraies discussions. Je lui accorde une grande liberté d'expression,, parfois au-delà du convenable.
Je me souviens encore comme si c'étais hier. A l'age de sept ans, Kaotar vint à se plaindre de maux de tête. Je m'inquiète terriblement. Par précaution, le médecin préconise un IRM. Connaissent les antécédents de mes garçons, le médecin sort de la cabine, le sourire aux lèvres : « Mme Dhamna, là, je crois que j'ai une bonne nouvelle pour vous. Votre fille n'a rien... » Mais au moment où je m'apprête à régler les honoraires, Kaotar lâche, de sa voix fluette, un de ces commentaires acerbes dont elle a le secret : « A ce prix-là, vous auriez quand même pu trouver quelque chose... » Le médecin en reste bouche bée.
Dieu merci, la santé de Kaotar sera préservée.
Les premières années, Kaotar se pliera volontiers à mes désirs. Elle acceptera que je l'habille comme j'aurais aimé, petite fille, être habillée. Jusqu'à l'âge de ses treize ans, j'aurai le bonheur de jouer à la poupée. Mais à l'adolescence, elle manifestera un esprit d'indépendance qui ne correspondra pas forcément à ce que j'avais imaginé. Elle passe de la petite robe en dentelle aux baskets jean. J'accepterai de voir mon rêve s'effondrer.



